Real ou Unreal ? – Kiyoshi Kurosawa

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Kiyoshi Kurosawa

Kiyoshi Kurosawa est un réalisateur et scénariste japonais né en 1955, étudiant en sociologie il signe en 1979 “Vertigo College”, un court métrage parodique des films de gangsters, il obtient grâce à celui ci un prix en 1980, ce petit succès lui ouvre les portes du monde du cinéma. Il travaille par la suite comme assistant réalisateur et après trois années d’apprentissage se fait embaucher dans une société de production de films à caractères érotiques ou il tourne son premier long métrage “Kandagawa Wars” qui n’attirera malheureusement pas le public nippon. Sa carrière connaît alors un arrêt brutal, âgé de trente ans, il retourne à l’université en tant que professeur et influence à son tour de futurs cinéastes japonais. C’est le long métrage “Cure” sortit en 1997 qui signe le retour du cinéaste, avec celui ci sa réputation devient internationale, puis sortiront chronologiquement “Charisma”, “Kaïro” et “Jellyfish” qui sera projeté en compétition officielle au Festival de Cannes. Considéré comme l’un des artistes marquants du renouveau du cinéma japonais post “nouvelle-vague” (ouvrant l’ère de la seconde) et puise ses inspirations dans le cinéma de genres hollywoodien des 70’s (George Romero, John Carpenter, Tobe Hooper).

Résumé

Real est un film de Science-Fiction romancé, réalisé par Kiyoshi Kurosawa et qui à fait son entrée dans les salles françaises en Mars 2014.

Koichi (Takeru Satoh) et Atsumi (Haruka Ayase) sont amis depuis leur rencontre à l’école primaire. Ils vivent ensemble depuis qu’Atsumi est venu à Tokyo pour être mangaka. Koichi, professeur dans un club de sport, se plaint qu’Atsumi ne pense qu’au manga et à ses délais à tenir.

Suite à une tentative de suicide, Atsumi est plongée dans le coma. Les médecins, pour l’obliger à sortir de cet état, ont inventé un procédé médical qui permet d’entrer dans l’inconscient d’Atsumi. Koichi est la personne la plus compatible pour s’immiscer dans les pensées de son amie, comprendre son geste et la faire sortir du coma. Mais le monde morbide des mangas que dessinait la jeune fille commence de pénétrer le quotidien de son compagnon, même lorsqu’il est « débranché ». Dès lors, la question se pose : qu’est-ce qui est réel ?

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Critique

Pour commencer je n’ai pas du tout aimé “Real”, malgré un premier acte réussi, le twist central m’a déplu et complètement éjecté du film, quelques effets bancales et jeux d’acteurs peu convaincant auront terminer le travail. Un final grotesque en surface mais à la réflexion, d’une certaines profondeurs que je vais détailler ci dessous. Après une scène d’introduction totalement banal entre les deux protagonistes (Atsumi demandant à son ami si il resteront ensemble pour le restant de leur vie), le film est expédié par une ellipse, quelque peu brutal, et l’ont nous explique qu’Atsumi est dans le coma. Le premier acte est lancé.

 

Avec un manque de moyen évident (sûrement dus à l’aléatoire de ces résultats au box-office) Kiyoshi Kurosawa parvient à créé un monde futuriste parfaitement crédible et donne une vision brumeuse du subconscient des protagonistes. Tandis que les visuels s’enchaînent les uns après les autres, d’une profonde monotonie, ne se limitant qu’à quelques couleurs, du moins pendant les deux premiers actes, Kurosawa développe le subconscient de “Atsumi”. A chaque “contact” entre les deux personnages les scènes sont plus longues et les plans plus étirés. “Elle”, tournant quasiment toujours le dos à son ami, plonge le spectateur dans l’incertitude, les brèves apparitions de cadavres tout droit sortit de son manga et la lente montées de l’eau dans l’appartement renforcent l’impression de huit clos, oppressante ambiance musicale et images effacées à l’appui. Quelques notions de pures sciences fictions viennent appuyez le récit, je pense par exemple au “Zombies Philosophiques” (des êtres nébuleux, lisses comme la réalité dans laquel il évolue en total opposition avec le personnage de Morio, un garçons qui apparaît à travers des screamers) ou aux simples concept de consciences imbriquées (Inception, Paprika), permettant aussi certains raccourcis scénaristique comme le passage quasi-magique entre la rue de Tokyo et l’île de leurs enfance Ikoné (comme si sa mémoire était brouillé, un avant-goût certain du fameux Twist central ?). Les personnages évoluent en fantômes ne rencontrant que des “Zombies Philosophiques” ayant pour seules fonctions de faire progresser le récit..

Real dinosaure

J’ai trouvé le scénario mal construit, le premier acte n’offrant au spectateur qu’une faible mises en place du twist central, durant lequel Koichi se lance dans la quête d’un dessin de plésiosaure, éléments présenté comme la clé du réveil de Atsumi, mais qui en réalité permettra le rétablissement d’une “certaineréalité.. Car oui, il aura fallu plus d’une heure pour dévoiler ce fameux twist pas si inattendu que cela.. Le film inverse les rôles, sans pour autant en changer le fonctionnement, car ces Koichi qui est dans le coma, et Atsumi qui entreprend les “contact”. (On peu facilement établir une comparaison avec les “totems” d’un certain film de C. Nolan). C’est à partir d’ici que le personnage de Morio prend sens, l’ont nous explique que c’est un garçons décédé pendant leurs enfance en partit à cause de Koichi, et visiblement par pur jalousie. Symbolisé (voir quasiment diabolisé) par le plésiosaure, celui ci pousse Koichi à se retrancher en lui même, car c’est là et et uniquement ici qu’il pourra effectuer le déclic qui lui permettra de refaire surface.. Autrement dit le plésiosaure est l’allégorie de la culpabilité de Koichi, en bref un voyage intérieur permettant à Kurosawa de donner à son film une allure de “Cure” remastérisé (Morio se transformant en plésiosaure/les personnages lambda se transformant en tueurs).

Kurosawa dresse ici un film millimétré, ou chaque plan offre une symbolique bien précise, des visuels parfois mal arrangés ou peu réalistes (dans le doute je ne m’avancerai pas sur le fait que certains de ces visuels soient fait “exprès” pour semer le doute..), donnant un aspect brouillons à la trame, me laissant perplexe lorsque le générique apparaît.

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